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La Martinique au salon de l’agriculture 24 février 2011

La Martinique en offensive séduction et en défensive Bananière

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Alors que la Martinique met le paquet au salon de l’agriculture, elle doit faire face aux attaques de la Cour des comptes.

La chambre d’agriculture de la Martinique fête en cette année des Outre-mer son 50eanniversaire. Depuis 7 ans, la chambre est alliée au Comité martiniquais du tourisme pour participer au salon international de l’agriculture à Paris. « Ce concept que nous renouvelons d’année en année améliore notre présence au salon, explique Louis-Daniel Bertome, président de la chambre. Notre stand n’est pas très gros mais nous assurons un bon accueil et une bonne animation et nous sommes récompensés à chaque fois par un prix ! » Le thème retenu par la chambre, cette année, est le sucre de canne auquel une journée est consacrée durant ce salon, « mais nous mettons en valeur l’ensemble de nos productions », ajoute le président Bertome.

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Un budget de 147 000 € a été consacré à la réalisation de cette opération. Durant toute la durée du salon, c’est la promotion de la diversité de nos produits agricoles et touristiques qui est assurée sur deux espaces. Un espace institutionnel avec la chambre d’agriculture, le CMT et l’office de tourisme de Sainte-Anne, assure la présentation de nos principales productions agricoles mais aussi la promotion de la destination, avec un accueil, de l’information et des animations (les amateurs apprécieront les notes de guitare de Thierry Jean-Pierre). A côté, un espace commercial propose les produits agricoles transformés. Kay Marysevend ses rhums et punchs aux fruits, ses aromates et ses confiseries, et Suz’Spicesvend ses épices, confiseries, liqueurs et souvenirs… Bien sûr, en sus de ceux-là, on retrouve la boutique des rhums AOC de Martinique, celle des rhums JM et Clément, deux adresses très fréquentées par les visiteurs du hall 7 qui accueille l’espace outre-mer comme chaque année.

La Martinique autrement

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« Nous voulons faire découvrir à nos visiteurs, au-delà des cultures traditionnelles d’exportation et des clichés touristiques, une Martinique autrement », vante le prospectus de communication institutionnelle. Anaïs Corosine, miss Martinique, est d’ailleurs là pour prêter sa grâce et sa gentillesse en tant qu’ambassadrice : « C’est mon rôle d’être là ! Et comme nous sommes dans l’année des Outre-mer français, c’est un devoir pour moi de promouvoir notre île. » Son argumentaire de séduction, elle le décline en quelques points : « La chaleur des Martiniquais, le bon vivre, les paysages et le climat, mais surtout une vraie culture et de vraies traditions. » Equipe-UGPBan.jpg

Le retour des visiteurs est bon : « Ils sont demandeurs et posent beaucoup de questions avec une vraie envie d’y aller ! » Depuis l’ouverture du salon, samedi dernier, les visiteurs de marque n’ont pas manqué puisque le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le patron de l’UMP, Jean-François Copé, le commissaire européen, Michel Barnier, le président du Sénat, Gérard Larcher ou l’ancienne ministre Christine Boutin sont déjà venus et ce jeudi, on attend les visites du Premier François Fillon et des membres du gouvernement, Marie-Luce Penchard (Outre-mer) et Bruno Le Maire (Agriculture).

FXG (agence de presse GHM)


José Maurice, administrateur du CMT

«  Les Martiniquais sont sympas ! »

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Votre présence au SIA atteste de l’importance du tourisme dans le développement de l’île…

On ne peut développer le tourisme sans l’agriculture. Ils vont de pair et nous avons compris qu’il fallait marier ces deux éléments pour améliorer notre destination grâce, notamment, à la gastronomie. La Région a entamé une politique de réforme du tourisme et de l’agriculture afin de créer une synergie propre à améliorer l’image de notre destination.

Comment se présente cette saison touristique ?

Nous avons 6 à 8 % d’augmentation. Ce n’est pas suffisant mais c’est un mieux. C’est difficile de faire pire que 2009 ! Mais nous mettons en place la réforme du CMT Paris qui va devenir la Maison de la Martinique. Nous espérons une vraie augmentation pour la saison 2011-2012. Nous faisons un effort sur la partie marketing au niveau national et international, mais aussi sur l’accueil sur place. Nous avons commencé une grosse campagne pour dire aux Martiniquais l’intérêt du tourisme et pour qu’ils participent à son développement. On ne peut faire du développement touristique sans l’aval des gens qui reçoivent. Il faut faire valoir que la Martinique est un pays qui accueille bien alors qu’on nous reproche souvent le contraire.

Vous êtes là pour faire passer le message que les Martiniquais sont sympas !

Les Martiniquais sont sympas et ils savent accueillir.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)


Banane et cour des comptes

La communication, une semaine avant le salon international de Hugues-Naranayinsamy-et-Catherine-Monnerville.jpgl’agriculture, du rapport annuel de la Cour des comptes, n’a pas été sans incidence sur l’ambiance dans le quartier Terres de tropiques, et singulièrement, dans l’espace Martinique. En mettant en cause les dispositifs d’aide à la banane et à la canne, Didier Migaud, a pointé du doigt, sans réserve, l’agriculture martiniquaise. Didier Migaud connaît pourtant les Antilles où il s’est rendu en mission parlementaire en 1998. Sa mission avait pour objectif de « préparer des propositions pour assoir le régime d’incitation fiscale à l’investissement en outre-mer sur des bases saines et durables », ce qui fait dire à certains que Didier Migaud n’est pas un ami de l’Outre-mer…  LD-Bertome.jpgLouis-Daniel Bertome, président de la chambre d’agriculture de Martinique admet : « C’est vrai que c’est un vaste débat… La banane consomme un peu plus du quart de ce qui est destiné aux producteurs de l’ensemble des DOM. Maintenant, le rapport de la Cour des comptes est un peu réducteur parce que la banane représente beaucoup chez nous, 50 % de la production agricole, plus de 60 % de la main d’œuvre salariée. Il faut donc soutenir cette production, renforcer même ses financements par rapport à la banane dollar qui voit ses droits d’entrée sur le marché européen à la baisse, mais il n’y a pas que la banane… » Mais c’est le directeur de l’Office de développement agricole des DOM (ODEADOM), Paul Luu, qui semble le plus remonté, car c’est l’Office qu’il dirige qui a fait l’objet du contrôle. « La Cour des comptes européenne est venu il y a deux ans analyser le POSEI France (Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité). Ses conclusions indiquent un programme adapté à 100 %… Didier Migaud n’a eu qu’une vision comptable depuis Paris et Montreuil (siège de l’ODEADOM, NDLR) alors que les Européens sont allés sur le terrain ! » Paul-Luu.jpgConcernant l’augmentation des aides à la banane de 40 % en 2007, Paul Luu explique : « On a payé au 1er trimestre 2007 le solde des aides compensatoires de 2006, 30 à 40 millions €, et en fin d’année, nous avons payé les aides pour 2007 pour le montant prévu de 129 millions €. C’est l’addition de ces deux chiffres qui donne cette hausse de 40 % ! » Enfin, concernant la transformation de 40 millions € de prêts en subvention, il rappelle que suite aux dégâts du cyclone Dean, la Commission européenne a donné son accord pour redresser la filière banane anéantie par le cyclone. Quant à la concentration des aides sur la banane et la canne, il rappelle que depuis 2009, 40 millions € ont été abondés par la France pour compléter les aides communautaires pour la diversification.

FXG


Interview de Philippe Ruelle, directeur général de l’Union des groupements de producteurs de bananes (UGPBan)

Philippe-Ruelle-UGPBAN.jpg » On veut faire dire aux chiffres ce qu’on a envie de leur faire dire « 

La Cour des comptes a-t-elle pas examiné les choses par le petit bout de la lorgnette ?

Ce qui est dommage, c’est que dans ces rapports, il y a une partie analyse par l’entrée comptable et budgétaire, qui ne prend pas l’impact sur l’ensemble d’une économie, et puis il y a des réponses du ministère de l’Agriculture, de l’Outre-mer, du Budget et de l’ODEADOM qui donnent l’ensemble des éléments. Ce qui est dommage, évidemment, c’est qu’on ne retient pas la synthèse mais les points soulevés sans les réponses.

Mais peut-on dire qu’il y a des abus concernant la banane ?

On dit que la banane a 30 fois plus d’aides que les cultures métropolitaines. Il faut ramener ça aux coûts de production. La banane, c’est 40 000 € par hectare et l’aide à l’hectare est de 15 000 €. Ca n’est plus pareil lorsque l’on compare 500 € d’aide par rapport à un coût de production de 2000 € pour du blé. Jamais, on ne met ça en perspective ! Même chose pour l’emploi. On nous dit que l’emploi a baissé depuis… 1980 ! Dans la banane, il y a dix ou quinze ans, c’étaient des emplois journaliers, des tâcherons qui venaient à l’embauche le matin pour une journée ou moins. Aujourd’hui, c’est 90 % d’emplois en CDI, des qualifications avec 30 métiers différents. Le rapport fait complètement abstraction de cela. C’est en ça que c’est un rapport partiel ou partial.

Vous n’avez pas été sollicité pour répondre ?

On ne demande rien aux professionnels et c’est un peu choquant.

Certains pourcentages restent frappants, comme des aides à la banane en Martinique qui atteignent des ratios de 155 %…

On a eu des cyclones et, à un moment donné on a eu peu de production. L’Europe a décidé de baisser le seuil de production pour que les agriculteurs touchent 100 % de leur aide. Quand on fait le ratio à ce moment-là et sur les dernières années, il est très défavorable. Mais quand vous faites le ratio aujourd’hui, entre le prix de vente qui représente 55 % de la recette, l’aide revient à 45 %. On est très loin des 155 %. Tout dépend comment on fait la statistique et sur quelle période vous la faites. Ce que je reproche à ce rapport, c’est qu’on change en permanence les périodes. Sur l’emploi, on prend 2000-2007. Sur la réduction des pesticides, on prend 2006-2009. si on avait pris 1996-2009, on aurait montré 74 % de réduction des pesticides… On a l’impression qu’on veut faire dire aux chiffres ce qu’on a envie de leur faire dire.

Alors combien de personnes travaillent dans la banane actuellement ?

En emploi direct, ce sont 700 planteurs et 7000 salariés. On estime que 15 000 familles vivent de la banane au sens large, avec les transporteurs, etc…

La Cour parle aussi d’un déficit d’agro-transformation…

La grosse difficulté est le coût de production de notre banane et celui de sa transformation. Difficile de monter des industries sur de petits territoires, qui soient rentables… S’ils nous avaient demandé, on leur aurait dit qu’on est sur la recherche d’extraits de banane pour la cosmétologie ou la pharmaceutique, comme ça a été fait pour le raisin. On pense qu’il faut amener la banane sur d’autres axes de diversification pour amener demain de la valeur ajoutée sur cette filière qui ne provienne pas exclusivement de la vente d’exportation.

Et quand on vous épingle sur votre bilan carbone ?

C’est une vraie méconnaissance du dossier parce qu’on est la première filière fruits et légumes à avoir fait une analyse cycle de vie complète. On sait que le fret représente 25 à 30 % du bilan carbone. Sans compter tout le travail qu’on fait avec le plan banane durable, avec la réduction des engrais et des produits phytosanitaires, l’introduction de nouveaux procédés culturaux, le travail sur les emballages…

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)


Il a dit

Damien-Frair.jpgDamien Frair, producteur de bananes, en attente d’indemnisation après les pluies de cendre volcanique de Montserrat.

« Un an après le retour de nos productions sur le marché européen, on a touché qu’une faible partie des indemnisations. Sur 18 millions de perte annoncée, un tiers à peine des producteurs a touché 220 000 €. Et jusqu’à ce jour, les deux tiers n’ont pas touché un centime et ont perdu toute leur production. »


Ils étaient là…Bernard-Dordonne-Alfred-Almont.jpg

Bernard Dordonne, journaliste à l’Union de Reims, et Alfred Almont, député UMP de MartiniqueJuliette-Lean-Baptiste-et-Corine-Yvenat.jpg

Juliette Jean-Baptiste et Corine Yvenat, conseillères municipales UMP de Maisons-Alfort.Philippe-Aline-Alfred-Almont.jpg

Philippe Aline, juré au Concours général agricole, et le député Almont.Jimmy-Blanche-au-salon.jpg

Jimmy Blanche, de passage au salon.Karine-Linord-Michel-Fayad-Gary-Cadenat-Bernard-Dordonne.jpg

Karine Linord, journaliste )à Amina, Michel Fayad, directeur de Saint-James, Garry Cadenat, Bernard Dordonne.Fofo-et-Migele.jpgFofo le photographe et Miguele.SIA-Mqe-ODEADOM-016.jpgThierry Jean-Pierre.SIA-Mqe-ODEADOM-101.jpgPhilippe Ruelle et Nathalie Monge.Sandrine-Damoiseau-a-eu-l-or.jpg

Sandrine Damoiseau, heureuse d’avoir obtenu deux médailles d’or pour son rhum éponyme.

Source : http://www.fxgpariscaraibe.com/article-la-martinique-au-salon-de-l-agriculture-67923693.html

 

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